Rendez-vous à Granby pour le FICG58 13 au 23 août 2026
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Les arts vivants : remplacer le parvis de l’église

Le Québec perd graduellement ses lieux de socialisation. C’est le constat que partageait Philippe Mercure, dans une chronique intitulée « Que sont nos lieux de socialisation devenus? » et publiée dans La Presse du 24 février dernier. Du parvis de l’église aux vestiaires de hockey, les interactions humaines sont en perte de vitesse. Même les cafés sont, dit-il, en voie de devenir des tombeaux à internautes. Comment faire pour reconnecter les gens ? Qu’est-ce qu’on fait, comme société, avec ça ? La culture, notamment par les festivals, semble être une avenue plus qu’intéressante pour y parvenir !

On nous le répète et on le constate : les gens ne vont pas bien. Les problèmes de santé mentale sont un enjeu majeur du 21e siècle. Vous connaissez sans doute Maslow et sa pyramide ? L’idée d’appartenir à une communauté, de pouvoir échanger, d’obtenir une forme de support moral, de sentir un lien de filiation, sont des éléments qui sont centraux dans cette fameuse pyramide de Maslow. Sans cette appartenance, on peut difficilement construire notre estime personnelle et encore plus difficilement sentir qu’on s’accomplit pleinement.

Pour protéger notre santé mentale, il faut donc protéger nos lieux et nos moments de socialisation. Ces lieux peuvent prendre plusieurs formes : une station d’autobus, une aire d’attente à la sortie de l’école ou du service de garde, une bibliothèque, un café, un parc, etc. Il faut aussi être prêt·e à connecter avec les autres. (Ré)apprendre à parler avec des inconnu·e·s et à s’intéresser à l’autre.

À l’époque, le parvis de l’église représentait un espace privilégié pour connecter avec sa communauté. On en profitait pour prendre des nouvelles de l’un·e, pour échanger quelques blagues avec l’autre. Ces interactions hebdomadaires favorisaient assurément le sentiment d’être intégré à sa communauté.

Comme la culture est un élément qui rassemble, qui permet de jouer ce rôle social autrefois joué par la messe du dimanche, ça fait quand même sourire de voir autant de salles de spectacles s’installer dans des églises. Que ce soit sur le parvis ou dans une salle de spectacle, ça reste un haut lieu de rencontres et de partage, où on peut reconnecter avec l’autre.

Les festivals à la rescousse !

Un festival de musique, ça permet tout ça. En tant que spectateur·rice, on appartient à une communauté éphémère de personnes qui vibrent au son des mêmes chansons. On range son téléphone pour se connecter à l’œuvre présentée et vivre pleinement le moment présent. C’est un prétexte à la rencontre. C’est là que peut s’installer un sentiment d’appartenance, essentiel à notre bien-être. De faire partie d’un tout. De vivre une expérience collective qui nous reconnecte. Qui nous permet d’exister et de nous sentir vivant·e !

Avec le printemps qui frappe à la porte, la saison des festivals pointe le bout de son nez. Soyez curieux·ses et allez à la rencontre de l’autre dans les événements culturels qui vous sont proposés. Vous y ferez sans doute de belles découvertes culturelles… tout en prenant soin de votre santé !

À la vôtre !

Josée Mailhot,
Directrice générale du FICG

Benoit Thériault